Budget 2012 : priorité au désendettement
La réduction de l'endettement public demeure la priorité du gouvernement allemand. Ce dernier a adopté, mercredi 16 mars, ses orientations pour l'élaboration du budget 2012 et de la planification financière à moyen terme. Il espère tirer parti de la croissance pour accélérer le processus de désendettement, rendu obligatoire par l'inscription d'un mécanisme de "frein à l'endettement" dans la Loi fondamentale en 2009.
Les orientations budgétaires pour 2012 prévoient ainsi 303,8 milliards d'euros de dépenses (-0,7 % par rapport à 2011) et 272,3 milliards d'euros de recettes fiscales. Le besoin de financement de l'État fédéral atteindrait 31,5 milliards d'euros. Ce chiffre doit, selon la planification financière, régresser pour s'établir à 13,3 milliards en 2015.
Frein à l'endettement
Pour ce faire, le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, table sur la stabilisation des dépenses publiques et sur la hausse des recettes fiscales. Sa stratégie s'appuie sur une prévision de croissance de 2,3 % en 2011, de 1,8 % en 2012, puis de 1,6 % en moyenne jusqu'en 2015. Le dynamisme inattendu de la croissance allemande et la baisse du chômage nourrissent, en effet, l'optimisme. Selon l'estimation fiscale de novembre 2010, l'État fédéral devrait ainsi voir ses recettes augmenter de quelque douze milliards d'euros en 2012.
"Il est clair que nous sommes sur le chemin prescrit par le mécanisme de frein à l'endettement", a souligné M. Schäuble. Le ministre rappelle toutefois que la crise avait creusé le déficit public allemand de manière inédite : les orientations budgétaires pour 2012 prévoient ainsi un recours à l'emprunt encore trois fois supérieur à celui de 2008.
M. Schäuble n'exclut pas non plus que la série de catastrophes qui se produisent au Japon n'ait aussi des répercussions sur la croissance allemande. Ce n'est toutefois pas la préoccupation majeure à l'heure actuelle, a-t-il précisé.
Selon la presse allemande, trois incertitudes planent, en outre, sur le budget pour 2012 : le montant des recettes engendrées par la taxe sur les combustibles nucléaires, celui des recettes tirées de la taxe sur les transactions financières et, enfin, le montant qui sera mobilisé par le futur fonds de stabilisation de l'euro.
AL
En savoir plus (en allemand) :