Un nouveau chapitre dans le partenariat Allemagne-Afrique
La publication de la stratégie du gouvernement fédéral pour l’Afrique coïncide avec une « époque de bouleversements et de renouveau dans le voisinage immédiat de l’Europe », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle à Berlin. Les évènements actuels, notamment en Afrique, sont « la manifestation peut-être la plus fascinante du monde en mutation dans lequel nous vivons ». Pour l’Allemagne, cela signifie qu’il faut entretenir et approfondir les vieilles amitiés mais aussi s’appliquer à en tisser de nouvelles.
Telle est précisément la vocation de la stratégie pour l’Afrique: « Nous souhaitons ouvrir un nouveau chapitre des relations avec notre continent voisin », a affirmé le ministre fédéral des Affaires étrangères. L’objectif est de prendre en compte l’importance grandissante de l’Afrique et du principe de l’appropriation africaine ainsi que d’exploiter les potentialités de coopération dans un esprit de partenariat.
La stratégie du gouvernement fédéral pour l’Afrique a été adoptée le 15 juin par le cabinet fédéral. Dix ministères ont été associés à l’élaboration de la stratégie depuis le début de l’année sous l’égide du ministère fédéral des Affaires étrangères. De larges consultations s’étaient déroulées dès 2010 entre les ministères, les groupes parlementaires, les associations économiques, les fondations politiques, les organisations non gouvernementales, les organismes de diffusion culturelle, les Églises, les syndicats et les laboratoires d’idées. La stratégie pour l’Afrique doit également assurer la cohérence de la politique africaine du gouvernement fédéral. |
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Démocratie et état de droit
Les Africains nourrissent de grands espoirs à l’égard d’un « monde en mutation ». Une écrasante majorité est en quête de démocratie, d’état de droit et de respect des droits de l’homme, « à Harare tout autant qu’au Caire ». Dans un nombre croissant d’États africains, des gouvernements conscients de leurs responsabilités prennent les rênes du pays à la suite d’élections démocratiques. Le ministre fédéral en est convaincu : « Là où la gouvernance est juste et fiable, l’économie et les investissements sont aussi florissants ».
| Depuis le tournant du siècle, la croissance économique africaine est d’environ cinq pour cent par an. Les investissements étrangers ont augmenté de 500 pour cent par rapport à l’année 2000. |
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Chances et défis
Comme l’indique le ministre, « l’Afrique est sans aucun doute un continent de grandes opportunités ». Cependant, aucun autre continent n’est confronté à des défis d’une telle ampleur. Avec sa stratégie pour l’Afrique, le gouvernement fédéral entend tenir compte à la fois des difficultés et des opportunités. L’Allemagne propose à l’Afrique « un partenariat d’égal à égal », souligne Guido Westerwelle. La volonté affirmée est de promouvoir une coopération s’écartant de structures donateur-bénéficiaire dépassées et faisant ainsi la part belle aux efforts déployés localement et au principe de l’appropriation africaine.
L’Afrique s’exprime de plus en plus d’une seule voix par le biais de l’Union africaine, ce qui lui permet de se faire davantage entendre, tant sur les questions régionales que sur la scène internationale. L’Allemagne soutient ces efforts africains, en contribuant par exemple à la création d’un système d’alerte précoce face aux crises pour l’Union africaine ou en plaidant pour une présence plus forte du continent au Conseil de sécurité des Nations Unies.
L’exemple des partenariats pour la transformation et en matière énergétique
Dans son discours, M. Westerwelle a donné deux exemples du partenariat entre l’Allemagne et l’Afrique. Il a d’une part cité le partenariat pour la transformation, proposé par l’Allemagne à l’Égypte et à la Tunisie pour les soutenir dans la voie de la modernisation sociale et politique.
Il a également évoqué les partenariats axés sur l’énergie et les matières premières, conclus par exemple avec le Nigéria, qui visent à assurer l’approvisionnement allemand en matières premières et en énergie mais aussi à faire profiter les populations de la richesse en ressources naturelles de leur propre pays.
« Cette stratégie pour l’Afrique est un document de référence pour l’engagement du gouvernement fédéral en Afrique et aux côtés de l’Afrique », a conclu le chef de la diplomatie allemande. Elle s’inscrit également dans le cadre de la stratégie commune Union européenne – Afrique. Comme l’a rappelé le ministre, « nous voulons soutenir, dans un effort commun, les sociétés et les États d’Afrique dans leur cheminement vers la liberté, la démocratie et l’état de droit ».
Situation au 15.06.2011
Source : Ministère fédéral des Affaires étrangères