Angela Merkel au Forum économique mondial : oser une Europe plus forte
Réduire la dette publique, renforcer la compétitivité et mettre en place des structures politiques opérantes : tels sont les enseignements à tirer de la crise économique et financière. Pour cela, il ne s’agit pas d’affaiblir, mais bien de consolider l’Europe. C’est en exprimant ce souhait que la chancelière Angela Merkel a inauguré le Forum économique mondial, mercredi à Davos (Suisse).
Il importe à présent de mener une réflexion approfondie, a poursuivi Mme Merkel. Ainsi, l’Europe pourra restaurer la confiance à l’échelon mondial, et s’affirmer dans la compétition internationale.
« Sommes-nous prêts à oser une Europe plus forte ? », a demandé la chancelière, avant de plaider pour de nouveaux transferts de compétences nationales vers Bruxelles. Le futur Pacte fiscal ne doit pas se limiter à l’introduction de freins nationaux à l’endettement. Ces derniers doivent pouvoir être contrôlés par la Commission européenne et remis en cause par la Cour de justice de l’Union européenne. Sinon, l’UE risquerait de se décrédibiliser. Il importe à présent de miser sur la cohésion. À cet égard, la solidarité va de soi pour l’Allemagne.
Laisser opérer les réformes
La situation a déjà beaucoup évolué en Irlande, au Portugal et, dans une certaine mesure, en Grèce. « Cependant, nous devons aussi avoir la patience de laisser les réformes faire leur effet », a estimé Angela Merkel. Le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité, dotés respectivement de 770 et 500 milliards d’euros, sont suffisants. Il serait illusoire de croire qu’on pourrait « renforcer la crédibilité » en augmentant indéfiniment les fonds alloués à ces instruments.
Échanger les bonnes pratiques
Le Conseil européen extraordinaire qui se tiendra le 30 janvier à Bruxelles portera sur la croissance et l’emploi. « Quels pays ont fait les expériences les plus probantes en matière de droit du travail, par exemple ? Comment débloquer des fonds européens supplémentaires pour renforcer les PME ? Comment combattre efficacement le chômage des jeunes ? » Telles seront les questions à l’ordre du jour, a annoncé la chancelière.
Cohésion européenne
Il faut réduire les déséquilibres sans pour autant affecter la compétitivité, a souligné Angela Merkel. En réalité, il s’agit de « créer de la croissance pour l’Europe ». Certes, l’union fiscale a déjà bien progressé au sein de l’Union européenne, « mais nous devons avancer plus vite », a-t-elle ajouté. Le point positif, c’est que la crise renforce la cohésion en Europe, a conclu la chancelière.
Source : Office de presse et d’information du gouvernement fédéral