Les Verts et le SPD remportent deux élections régionales

28.03.2011

Pour la première fois dans l’histoire allemande, un ministre-président issu des Verts va gouverner un Land. Fort de 24,2 % des voix, Winfried Kretschmann, candidat du parti écologiste dans le Bade-Wurtemberg, apparaît comme le vainqueur de l’élection régionale qui s’est déroulée dimanche. Il compte ouvrir des négociations avec le parti social-démocrate (SPD, 23,1 %) dès lundi soir en vue de former une coalition de gouvernement. De son côté, le SPD a remporté l’élection régionale de Rhénanie-Palatinat. Les Verts y ont également brillé.

Premier ministre-président Verts en Bade-Wurtemberg

Dans le Bade-Wurtemberg, les résultats du scrutin s’apparentent à une césure historique. L’Union chrétienne-démocrate (CDU), qui gouvernait le Land depuis 58 ans, n’a recueilli que 39 % des voix. Son partenaire traditionnel, le Parti libéral-démocrate (FDP), n’est pas mieux loti : il franchit de justesse (5,3 %) la barre des 5 %, nécessaire pour avoir des députés. Et ce dans son berceau historique. Les deux partis n’obtiennent, ensemble, que 68 sièges, contre 71 pour les Verts et le SPD.

Catastrophe japonaise

Toutefois, le résultat des Verts est historique en lui-même. Jamais le parti écologiste n’avait rencontré un tel niveau d’adhésion auprès des électeurs –a fortiori dans un Land de tradition conservatrice. Le contexte a certainement joué un rôle : la catastrophe de Fukushima, au Japon, a souligné les risques liés au nucléaire, plaçant sous le feu des projecteurs un thème identitaire pour les Verts allemands. Telle est d’ailleurs la lecture du scrutin choisie par le gouvernement fédéral. Le récent débat sur le nucléaire a « très clairement » été à l’origine de la défaite de la CDU, a estimé, dès lundi, la chancelière Angela Merkel.

La personnalité du candidat Vert a sans doute fait le reste. Appartenant au courant réaliste, conservateur à plus d’un titre, Winfried Kretschmann, 62 ans, jouit d’une réputation de sérieux, de compétence et d’intégrité. Ce professeur de biologie, catholique engagé, a fait de la modernisation écologique, de l’éducation et la participation des citoyens ses chevaux de bataille. Il va désormais pouvoir mettre ses idées en pratique.

Il est conscient des nouvelles responsabilités qui lui incombent. Il a ainsi déclaré au soir de l’élection : « Dans le Bade-Wurtemberg, nous entrons dans une nouvelle phase : il nous faudra désormais gouverner ». Il entend le faire « avec pondération, mesure et au centre ».

Les Verts, arbitres en Rhénanie-Palatinat

Les Verts ont, par ailleurs, réalisé dimanche un score historique lors d’une autre élection régionale, en Rhénanie-Palatinat. Ils ont triplé leur résultat de 2006 en obtenant 15,4 % des suffrages (au lieu de 4,6 %). Ils arrivent en troisième position derrière le SPD (35,7 %) et la CDU (35,2 %). Ni les libéraux, ni Die Linke n’ont franchi la barre des 5 %.

Ainsi, le ministre-président sortant, Kurt Beck, au pouvoir depuis 17 ans, devrait se maintenir malgré un recul de dix points. Mais il devra s’allier avec les Verts. Cependant, ces derniers ont également reçu une offre de négociation de la part de la CDU. Ils ont déclaré qu’ils entendaient l’étudier également. Ils deviennent ainsi les arbitres du scrutin.

Au niveau fédéral, les résultats de ces deux scrutins régionaux affaiblissent la position, minoritaire, des partis de la coalition d’Angela Merkel au Bundesrat. Reflet des majorités régionales des 16 Länder, cette chambre haute devient plus bigarrée que jamais : il existe désormais dix types de coalitions différentes à travers le pays.

AL

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Les élections régionales de Bade-Wurtemberg et Rhénanie-Palatinat