Allocution prononcée par le ministre fédéral des Affaires étrangères Guido Westerwelle le 4 décembre 2011 à l’occasion de la conférence internationale sur l’Afghanistan

05.12.2011

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences, chers collègues,
Mesdames, Messieurs, 

C’est une grande joie pour moi de vous accueillir à Petersberg, tout près de Bonn, Bonn qui n’est pas seulement l’ancienne capitale de la République fédérale d’Allemagne mais aussi ma ville natale.

Monsieur Karzaï, nous sommes très honorés que vous soyez des nôtres ce soir. Au mois de novembre dernier à Lisbonne, vous aviez demandé à l’Allemagne si elle était d’accord pour accueillir cette conférence. L’Allemagne a accepté avec plaisir de répondre à votre demande. Cela témoigne à nouveau des liens d’amitié étroits qui existent entre nos deux pays.

Je voudrais tout particulièrement souhaiter la bienvenue à vous, Monsieur le Secrétaire général, puisque vous êtes aussi chez vous à Bonn, ville onusienne d’Allemagne.

Mesdames, Messieurs,

La sécurité, la stabilité et la prospérité en Afghanistan sont dans l’intérêt collectif de l’ensemble de la communauté internationale.

Au cours des dix dernières années, le monde a prêté une assistance sans précédent à l’Afghanistan. Cette assistance va entrer dans une nouvelle phase. Le transfert de la responsabilité de la sécurité aux forces nationales de sécurité afghanes a commencé. De concert avec le gouvernement afghan, nous avons décidé que plus aucune unité de combat étrangère n’opérera sur le sol afghan d’ici à la fin de l’année 2014.

Cela ne signifie cependant pas la fin de la présence internationale en Afghanistan. Nous n’oublierons pas l’Afghanistan après 2014. Nous resterons engagés, mais de manière différente en nous concentrant davantage sur la reconstruction et le développement.

L’engagement de la communauté internationale en Afghanistan a déjà changé. De plus en plus de partenariats à long terme dans les domaines politique, économique et sécuritaire sont établis parallèlement aux efforts de stabilisation militaire qui se poursuivent.

Mesdames, Messieurs,

L’Afghanistan est sur la voie du recouvrement de sa pleine souveraineté. À cet égard, permettez-moi de souligner l’accomplissement de trois étapes importantes :

Premièrement : L’Afghanistan a entamé un processus inclusif de réconciliation nationale. L’objectif est clair. Tout Afghan prêt à renoncer à la violence et au terrorisme, tout Afghan prêt à respecter la constitution afghane ainsi que les droits civils et humains fondamentaux pourra participer au processus politique de son pays.

La communauté internationale doit continuer à soutenir les efforts de paix et de réconciliation des Afghans.

Deuxièmement : Le processus de transfert de la responsabilité de la sécurité à l’Afghanistan a débuté au mois de juillet. La deuxième phase du processus vient d’être annoncée le week-end dernier. Quand elle sera achevée, la moitié de la population afghane vivra dans des zones de transition.

Nous devons discuter des aspects civils du transfert de la responsabilité de la sécurité aux forces afghanes. L’Afghanistan doit se concentrer sur la poursuite du développement de l’administration publique et la mise en œuvre de réformes pour instaurer l’état de droit et lutter contre la corruption.

Troisièmement : Le mois dernier à Istanbul, l’Afghanistan et la région sont convenus d’améliorer la coopération régionale en matière de sécurité et de développement. Il est crucial que la région se soit engagée à respecter et à soutenir pleinement le processus de réconciliation mené par les Afghans.

Mesdames, Messieurs,

Demain, nous jetterons les fondements d’une nouvelle relation entre un État afghan pleinement souverain et la communauté internationale. L’Afghanistan aura besoin d’un soutien international pendant de nombreuses années, bien au-delà de 2014.

Il ne faut pas répéter les erreurs de l’histoire. C’est pourquoi nous adressons au peuple afghan un message clair : nous sommes conscients de notre responsabilité et nous continuerons de vous aider.

La communauté internationale doit s’engager de manière crédible à rester en Afghanistan même après le départ de nos unités de combat. Il est nécessaire de définir clairement cet engagement à long terme.

Dans ce but, nous proposons trois piliers : poursuivre la reconstruction civile, fournir une assistance soutenue aux forces nationales de sécurité afghanes et aider le pays à exploiter son énorme potentiel économique au bénéfice du peuple afghan et de la région.

La paix, la stabilité et la prospérité ne sont pas seulement dans l’intérêt du peuple afghan. Elles le sont aussi dans l’intérêt de la région dans son ensemble.

L’Allemagne est prête à poursuivre fermement et durablement son engagement en Afghanistan au-delà de 2014. Dans ce contexte, je salue tout particulièrement l’accord de partenariat à long terme avec l’Afghanistan proposé par l’Union européenne.

Un État afghan pacifique, stable et prospère dans une région pacifique et prospère est notre objectif commun. Je pense que c’est un objectif réalisable. Il exigera un effort engagé et de longue haleine de la part de toutes les parties. Mais nous devons réussir, nous le devons au peuple afghan, à nous-mêmes et à nos valeurs.

Et maintenant, j’ai l’honneur de donner la parole à son Excellence, Monsieur le Président Hamid Karzaï.

Situation au 04.12.2011

© Ministère fédéral des Affaires étrangères (AA)